Historique. Après avoir été dirigée pendant près de 40 ans par Gilbert Baumet, Pont-Saint-Esprit change de majorité. Le maire sortant n’a recueilli que 34,6% des voix. C’est donc Roger Castillon, tête de liste d’Union républicaine “Ensemble pour l’Avenir” qui s’assiéra prochainement dans le fauteuil de maire. Une revanche que le principal opposant devrait apprécier, après une bataille menée aux côtés du Rassemblement des contribuables pour retourner au urnes.
Fin 2008, les Spiripontains reçoivent leurs feuilles d’impôt et découvrent avec effroi les sommes astronomiques qu’ils vont devoir payer. Les trois principales taxes locales (taxe foncière, taxe d’habitation et taxe d’enlèvement des ordures ménagères) ont augmenté de 79%. La dette de la ville devient l’une des plus importantes de France : 2.359 euros par habitant, 3.500 euros si on y ajoute le déficit et le trou de trésorerie de 14 millions d’euros.
Dès janvier 2009, et jusqu’au mois de juin, les contribuables en colère multiplient les manifestations dans la rue. Trois mois plus tard, Gilbert Baumet décide de donner sa démission. Avant de se rétracter. Le préfet ordonne de nouvelles élections, mais le juge des référés du Tribunal administratif de Nîmes suspend l’arrêté préfectoral par ordonnance du 16 novembre 2009.
Alors que les opposants à Gilbert Baumet continuent, tant bien que mal, leurs actions pour pousser Gilbert Baumet à lâcher les rênes de la commune, la décision du Tribunal administratif est jugée en appel au Conseil d’Etat, un an plus tard. Et le 17 novembre 2010, la plus haute juridiction administrative française tranche : elle rend définitivement effective cette démission. Le préfet fixe deux dates d’élection, le 31 janvier et le 6 février 2011. Qui se transformeront en un seul tour : seules deux listes sont déposées, “Pont de tout coeur”, menée par le maire sortant et “Ensemble pour l’Avenir”, par Roger Castillon.
Les Spiripontains ont donc exprimé leur volonté de changement dans les urnes, et de façon massive : la participation a atteint 70%. Ils ont aussi fait part de leur préoccupation face à la situation financière toujours compliquée de la ville, qui compte un peu plus de 10 000 habitants. En accordant leur confiance à Roger Castillon, ils lui confient une lourde tâche. De quoi remplir les trois ans qui séparent l’élu des prochaines élections municipales.


Une belle victoire pour la démocratie. La fin du règne de Gilbert Baumet permet à Pont Saint Esprit de tourner une longue et fastidieuse page de son histoire politique. Et il était temps ! A présent, l’espoir peut renaître dans cette petite ville agonisante, frappée depuis deux ans par des impôts scandaleux issus de la gestion désastreuse de la municipalité en place. Un vent d’air frais va pouvoir soufflé sur la commune. A présent, place au renouveau !