Pont-St-Esprit : Roger Castillon remporte les municipales partielles

Avec 65,4 % des voix, Roger Castillon sera le nouveau maire, à l’issue du premier et unique tour des élections municipales partielles, organisé le 30 janvier 2011. Un tournant pour la petite ville située dans le nord du Gard.

Historique. Après avoir été dirigée pendant près de 40 ans par Gilbert Baumet, Pont-Saint-Esprit change de majorité. Le maire sortant n’a recueilli que 34,6% des voix. C’est donc Roger Castillon, tête de liste d’Union républicaine « Ensemble pour l’Avenir » qui s’assiéra prochainement dans le fauteuil de maire. Une revanche que le principal opposant devrait apprécier, après une bataille menée aux côtés du Rassemblement des contribuables pour retourner au urnes.

Fin 2008, les Spiripontains reçoivent leurs feuilles d’impôt et découvrent avec effroi les sommes astronomiques qu’ils vont devoir payer. Les trois principales taxes locales (taxe foncière, taxe d’habitation et taxe d’enlèvement des ordures ménagères) ont augmenté de 79%. La dette de la ville devient l’une des plus importantes de France : 2.359 euros par habitant, 3.500 euros si on y ajoute le déficit et le trou de trésorerie de 14 millions d’euros.

Dès janvier 2009, et jusqu’au mois de juin, les contribuables en colère multiplient les manifestations dans la rue. Trois mois plus tard, Gilbert Baumet décide de donner sa démission. Avant de se rétracter. Le préfet ordonne de nouvelles élections, mais le juge des référés du Tribunal administratif de Nîmes suspend l’arrêté préfectoral par ordonnance du 16 novembre 2009.

Alors que les opposants à Gilbert Baumet continuent, tant bien que mal, leurs actions pour pousser Gilbert Baumet à lâcher les rênes de la commune, la décision du Tribunal administratif est jugée en appel au Conseil d’Etat, un an plus tard. Et le 17 novembre 2010, la plus haute juridiction administrative française tranche : elle rend définitivement effective cette démission. Le préfet fixe deux dates d’élection, le 31 janvier et le 6 février 2011. Qui se transformeront en un seul tour : seules deux listes sont déposées, « Pont de tout coeur », menée par le maire sortant et « Ensemble pour l’Avenir », par Roger Castillon.

Les Spiripontains ont donc exprimé leur volonté de changement dans les urnes, et de façon massive : la participation a atteint 70%. Ils ont aussi fait part de leur préoccupation face à la situation financière toujours compliquée de la ville, qui compte un peu plus de 10 000 habitants. En accordant leur confiance à Roger Castillon, ils lui confient une lourde tâche. De quoi remplir les  trois ans qui séparent l’élu des prochaines élections municipales.

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La parenthèse hongroise

Du 15 septembre au 3 octobre 2010 j’ai passé trois semaines en Hongrie, histoire de voir ce qui se passe de ce côté de l’Europe.

Et dans mes bagages, j’ai ramené plusieurs sujets, à découvrir dans la rubrique « la parenthèse hongroise » en cliquant en haut à droite.

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Articles sur l’argent de l’industrie musicale pour Les Inrocks

J’ai réalisé les deux articles suivants, Du gramophone au MP3 et l’interview de la chercheuse Emilie Da Lage dans le cadre d’une session web à l’ESJ Lille dirigée par Pierre Siankowski, journaliste au magazine Les Inrockuptibles.

Ce travail a été réalisé avec 14 autres étudiants de ma promotion. Il est disponible en intégralité sur le site des Inrocks, en cliquant ici.

Il est aussi sur le site suivant : « Industrie musicale : où est passé l’argent ? ».

Bonne lecture !

Violaine Jaussent

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Du gramophone au MP3

Retour sur les grandes dates qui ont fait l’histoire de l’industrie musicale en mots et en images

L’histoire commence en 1877, date à laquelle Charles Cros met en place le « paléophone ». L’idée n’a jamais été concrétisée : l’inventeur français n’avait pas encore construit de prototype quand l’Américain Thomas Edison a déposé un brevet pour le phonographe. A son tour, il sera évincé par Emile Berliner. En 1888, l’ingénieur allemand parvient à faire tourner le premier disque, un 78 tours en zinc enduit de cire, sur son gramophone.

L’arrivée de la radio, dix ans plus tard, permet au gramophone de se développer. Le média constitue aussi un concurrent dynamique. Grâce à la radio, de plus en plus de personnes écoutent la musique vendue sur les disques. « L’arrivée des premiers enregistrements dans les années 1920 et 1930 a démultiplié le nombre d’auditeurs. Cela n’a pas fondamentalement modifié les conditions d’existence de la musique. Au contraire, cela les a promues », explique Emmanuel Braconnier, intervenant sur l’industrie discographique à Sciences-Po Lille.

1948 : nouveau tournant dans l’histoire de l’industrie discographique. Le disque microsillon en vinyle permettant la stéréophonie est lancé par Columbia. Et donne naissance à une compétition : le 45 tours versus le 33 tours. Le premier est développé pour le répertoire de musiques populaires, le second est d’abord dédié au répertoire classique. C’est aussi une guerre de format : le 33 tours, également appelé LP (longplay), est l’album d’aujourd’hui, le 45 tours le single.

L’arrivée des vinyles, devenu aujourd’hui objet d’anthologie à la mode, marque le début de profondes mutations qui ont lieu dans la seconde partie du XXe siècle. Une période où tout s’accélère, comme l’analyse Emmanuel Braconnier dans ce diaporama sonore qui retrace l’arrivée des supports, de la cassette au MP3 en passant par le CD.

V.J.

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INTERVIEW – « Le disque reste très structurant dans les pratiques »

Emilie Da Lage, chercheuse en sciences de la communication à l’université Lille III, analyse les caractéristiques de la crise actuelle du disque

L’industrie du disque traverse-t-elle une crise inédite ? Emilie Da Lage, membre de l’Observatoire des mutations des industries culturelles (OMIC) et maître de conférences à l’université Lille III, est mitigée.  « Cette crise n’est pas si inédite que cela. L’industrie du disque a déjà connu des passages à vide, mais a toujours trouvé des parades en renouvelant les formats de diffusion et d’enregistrement de la musique. Par exemple, au début des années 1980, le CD est apparu comme LA solution pour relancer un marché très mal en point », explique-t-elle.

Pour autant, cela n’en fait pas une crise comme les autres. Entre 2002 et 2005, le marché du détail français a perdu 20% de sa valeur. « La longueur et la difficulté des acteurs à s’organiser pour sortir de cette crise la rendent assez atypique », nuance Emilie Da Lage.

Au regard des siècles passés, l’industrie du disque vit une révolution avec l’arrivée du numérique et d’Internet. Subir une mutation ne signifie pas forcément disparaître. « Le disque reste très structurant dans les pratiques, y compris dans les pratiques en ligne. L’album produit est moins un moyen de gagner de l’argent que d’accéder à une certaine notoriété, mais il reste une étape incontournable de la professionnalisation des groupes », analyse Emilie Da Lage.

Ce qui n’empêche pas les ventes de disques de chuter. L’industrie du disque pesait 38 milliards de dollars dans le monde en 2003. Mais 10 milliards de moins cinq ans après… Le disque n’est plus le principal support de diffusion de la musique. Le numérique induit l’essor des téléchargements de fichiers sur Internet, légaux ou illégaux. De là à faire porter le chapeau au piratage, il n’y a qu’un pas. Pourtant, le « pirate » n’est pas le seul coupable. Et s’il fait baisser la vente de disques, il n’empêche pas les principaux acteurs de l’industrie musicale de gagner de l’argent ailleurs.

Les explications d’Emilie Da Lage :

V.J.

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Articles sur les élections régionales

J’ai rédigé les quatre articles qui suivent, Olivier Delbé, syndicaliste et lepéniste, Frêche divise les électeurs, l’interview de Sandrine Rousseau et Ambiance chez Europe Ecologie pour le journal que nous, élèves de 1ère année de la filière généraliste de journalisme et de la filière PHR (presse hebdomadaire régionale), avons réalisé pendant les élections régionales 2010.

D’autres étudiants ont fait un site Internet, consultable en cliquant ici.

L’édition complète de La Pression de mars, notre journal, est disponible en PDF sur ce site, en cliquant .

Bonne lecture !

Violaine Jaussent

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PORTRAIT – Olivier Delbé, syndicaliste et lepéniste

Article écrit le vendredi 12 mars 2010. Depuis, Olivier Delbé a été élu conseiller régional. Lire ici l’article de La Voix du Nord sur ce sujet.

Olivier Delbé a deux vies : à l’usine, il est syndicaliste. Le reste du temps, il est conseiller municipal à Lisbourg, dans le Pas-de-Calais. Il y a cinq mois, il a quitté l’UMP pour le FN, et se retrouve sur la liste régionale de Marine Le Pen. Portrait d’un candidat atypique.

« Il y a un Olivier Delbé à l’intérieur de l’usine, qui n’est pas le même que le Olivier Delbé à l’extérieur. » Candidat aux régionales en 8ème position sur la liste de Marine Le Pen, Olivier Delbé parle de lui à la troisième personne pour expliquer comment il peut à la fois être encarté au Front national et représentant à l’Union nationale des syndicats autonomes de l’agriculture et de l’agroalimentaire (UNSA2A). Une situation d’autant plus atypique que ce conseiller municipal UMP a rejoint le FN en octobre dernier.

« Mes premiers contacts avec Marine Le Pen et Steeve Briois [secrétaire départemental du FN dans le Pas-de-Calais] remontent à juin 2009, après le 1er tour des municipales partielles d’Hénin–Beaumont. L’UMP appelait à faire barrage au Front national, pourtant arrivé en tête : cette position m’a profondément déçu. J’ai donc décroché mon téléphone pour leur apporter mon soutien », raconte Olivier Delbé. Ces deux personnalités ont séduit ce magasinier employé dans une entreprise de charcuterie industrielle. “Steeve Briois est un candidat courageux. Marine Le Pen apporte un nouveau souffle au parti, elle représente une autre génération. » La sienne : Olivier Delbé a 42 ans.

Cheveux bruns coupés en brosse, grand et costaud, Olivier Delbé incarne la tendance « gaucho-lepéniste » sur laquelle surfe le FN aujourd’hui. « Marine Le Pen et Olivier Besancenot se rejoignent sur certaines idées. Mais ils n’ont pas les mêmes réponses : c’est là toute la différence », estime Olivier Delbé, qui ne juge pas son comportement contradictoire. « Dans les deux cas, il s’agit de défendre un point de vue social. Je fais tout pour qu’il n’y ait pas d’amalgame entre mes deux démarches ». Mais le dilemme est perceptible : au détour d’une phrase, les termes qu’il emploie changent. Et le discours frontiste fait place à celui d’un syndicaliste.

Une position qui a de quoi étonner. André Flajolet, tête de liste UMP dans le Pas-de-Calais, a fait part de ses sentiments à La Voix du Nord début mars : “Syndicalement, il est à l’extrême gauche et politiquement il est à l’extrême droite.” Quant à Jean-Marie Guilbert, le maire UMP de Lisbourg, il ne décolère pas de voir partir un conseiller municipal au FN.

Sa famille, elle, reste en dehors de sa passion politique. « Au travail, je ne parle pas de ça, je n’ai jamais dit à mes collègues que je suis mariée avec lui. Je reste dans l’ombre », explique sa femme, fonctionnaire. Elle tient à faire la différence entre son mari et l’homme politique.

Une autre raison motive ce revirement : sa déception à l’égard de la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité. « Valérie Létard, conseillère régionale, ne s’est pas différenciée du président de région, socialiste. » Ce qui a poussé Olivier Delbé à se radicaliser. « Intégrer la vidéosurveillance dans les lycées ne suffit pas. Une présence humaine est indispensable. Je suis d’accord pour créer une police de protection des lycées, comme le propose Marine Le Pen », explique-t-il.

Détailler les raisons pour lesquelles il a quitté l’UMP pour le FN est aussi un argument de campagne. “Lorsque je vais voir les gens, je commence par justifier mon comportement”, explique Olivier Delbé, qui privilégie la proximité dans sa campagne régionale. « Olivier Delbé ne va pas voir les gens à huit jours des élections », poursuit-il en parlant de lui-même.

Il en deviendrait presque sympathique. Mais sa position sur les lycées au Sénégal sonne comme une piqûre de rappel. « On a appris que le Nord-Pas de Calais finance des lycées qui ne sont pas dans la région, et même pas en France. Ce n’est pas normal », assène-t-il. Le discours classique du Front national : depuis le début de la campagne, Marine Le Pen s’accroche à l’argument et le cite à tout-va.

V.J.

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